Accompagnant .e.s & personnes handicapées

Je suis responsable de formations d’adultes destinées à toute personne dans l’accompagnement d’enfants, de jeunes et d’adultes en situation de handicap.s. Soit aux professionnel.le.s de l’éducation, de l’enseignement spécialisé et des soins, ainsi qu’aux thérapeutes.

A titre d’experte, je suis également chargée d’analyses de la pratique, de supervisions de situations et de décryptages de cas complexes. Ces consultations ont le plus souvent pour enjeu, l’accompagnement du quotidien affectif et sexuel de la personne concernée. 

Enfin, je travaille directement avec les enfants, les jeunes et les adultes concernés par un handicap : il s’agit de suivis individuels ou de couples pour guider certains comportements, répondre à maintes questions et enrichir des intérêts qui s’expriment. En bref, pour rendre un peu plus concrets ces droits sexuels qui sont les leurs.

sans titre, photo d’Alain Piot, Paris.

Formation Du Cœur au Corps

Les mandats de formation qui me sont confiés se déroulent sur demande des structures de vie résidentielle et d’externats, d’enseignement ou de travail adapté. Ainsi que des Hautes Ecoles Sociales et Universités à l’attention des étudiant.e.s

En 2001, le programme « Du Cœur au Corps » fut le premier en Suisse à former les équipes éducatives, enseignantes et soignantes aux enjeux de la sexualité en lien avec les handicaps.

« Du Cœur au Corps » avait obtenu le Prix Suisse de Pédagogie Curative et Spécialisée.

Cette formation fut également pionnière en France et en Belgique. Depuis 2001, tout en se renouvelant régulièrement, elle n’a cessé et ne cesse, d’être commandée.

Nous avions conçu ce programme avec ma collègue Françoise Vatré. Je l’ai ensuite enrichi au fur et à mesure de mes pratiques. Les sessions de formations « Du Coeur Au Corps » sont prodiguées depuis plus de 25 ans, avant tout en Suisse Romande, France et Belgique. Avec des adaptations culturelles en Albanie, Espagne, République Tchèque, Nouvelle-Calédonie.

Pour en savoir plus sur la formation « Du Cœur au Corps » :

formation Du Cœur au Corps, co-animée avec des personnes handicapées expertes, sous l’égide de Cerebral suisse, décembre 2023

Analyses de la pratique
Supervisions de situations
Décryptages de cas complexes

A partir de comportements atypiques, d’évènements répétitifs, voire de situations d’urgence ou encore de personnes handicapées qui interpellent profondément les accompagnant.e.s, nous marquons un temps d’arrêt.


J’assure régulièrement ces prestations privilégiées destinées aux jeunes et adultes en situation de handicap, parce que soutenir les habiletés individuelles dans la vie affective et intime et les relations de couples dans leur sexualité, relève d’un coaching nécessaire et utile.

L’équipe concernée et moi-même travaillons durant 2h dans une co-construction, en vue d’un allégement de la situation problématique. Les parents ou les curateur.trice.s participent parfois également.

Diverses approches sont possibles en fonction du contenu de la situation ou du profil du cas plus complexe : photo-langage, « brainstorming », jeux de rôles, bref complément théorique, etc.

Je suis également invitée à analyser certaines demandes en assistance sexuelle (AS), lorsqu’il s’agit de clarifier les notions de discernement et de consentement en lien avec des vulnérabilités psychiques ou cognitives.

A ce titre, je suis la personne de liaison entre l’institution ou la famille et l’AS, en vue de la première rencontre, lorsqu’elle a lieu d’être.

Maintes situations pourraient être citées, mais prenons deux illustrations :

Cette demande m’est parvenue en provenance d’une structure d’accueil. L’enjeu complexe semble se situer au niveau de l’entourage familial et de l’orientation sexuelle du bénéficiaire :

" Je suis coordinateur de l’équipe soignante et éducative de la maison AURAL et je me suis engagé à vous contacter. En effet, un résident dont l’amyotrophie spinale semble le conduire à un stade terminal (il est très affaibli), souhaiterait encore rencontrer un assistant sexuel… à une reprise. Non pas pour une relation sexuelle (physiquement impossible) mais pour un moment de tendresse sensuelle reçue.

Dans l’institution cela ne pose aucun problème, mais les parents de ce Monsieur, très présents auprès de leur fils unique et entièrement voué à sa grande dépendance physique et morale, ne peuvent accepter cette idée…  même pas à titre de« cadeau » de fin de vie : Parce que sa demande va vers un assistant sexuel !

Nous aurions besoin de vous rencontrer pour travailler avec vous les mots à utiliser avec ces parents, mais également comment aider le résident à s’autodéterminer auprès des siens, car il n’ose pas insister de peur de les blesser. Ou au contraire… de nous aider à lâcher prise et à ne pas nous substituer à lui ? Nous ne savons plus comment faire pour bien faire."

Voici une demande en lien avec une perplexité face au besoin profond (affectif, corporel, sensuel, autre ?) non seulement complexe à gérer, mais de surcroît complexe à décrypter.

" Un résident du groupe Les OISEAUX durant 15 ans a intégré dernièrement notre unité. Il se nomme M.G. peut-être l’auriez-vous déjà rencontré en suivi individuel ? La problématique de cet homme de 44 ans est qu’il est extrêmement tactile envers les personnes qu’il croise, rencontre dans tous les moments de la journée, résidents et éducateurs, autres professionnels. Il colle, veut des câlins, prends les poignets, ne lâchant plusses prises et cela malgré des messages de refus clairs.

Son comportement est particulièrement difficile à accepter, les gens l’évitent, le fuient et cela renforce son besoin de toucher. C’est une sorte de cercle vicieux présent depuis des années...

Il a soit une grosse poupée-tissu qu’il est sensé serrer comme objet de transition mais l’équipe éducative actuelle se demande si cela l’aide réellement ou ne renforce pas plutôt cette problématique… par l’objectivation des personnes qu’il rencontre ?

La Direction nous accorde 2h pour une analyse de la pratique, afin d’éclaircir cette situation avec vous, car dans notre équipe les avis divergent et nous ne parvenons pas à nous mettre d’accord quant à donner des points de repères cohérents à M.G. "

Pour les analyses de pratiques, les supervisions de situations complexes, l’objectif est à la fois de permettre aux personnes présentes d’exprimer leurs ressentis face à l’évènement en cours (émotionnellement éprouvant) et d’ouvrir sur une ébauche de réponse concrète que les professionnel.le.s et/ou les parents pourraient s’approprier.

Questions fréquentes :

Coach en suivis individuels et de couples


J’assure régulièrement ces prestations privilégiées destinées aux jeunes et adultes en situation de handicap, parce que soutenir les habiletés individuelles dans la vie affective et intime et les relations de couples dans leur sexualité, relève d’un coaching nécessaire.



Je réinvente ces suivis en permanence, parce que chaque situation est singulière.Ces accompagnements très diversifiés me sont adressés par les professionnel.le.s de l’enseignement et de l’éducation, certains thérapeutes, les parents.

Les contenus des suivis individuels et de couples vont :

  • d’une simple information en santé sexuelle
  • à une éducation sexuelle spécialisée, ciblée au besoin du moment
  • au recours d’une sexologie adaptée au contexte spécifique du handicap
  • jusque parfois, selon les situations, à un processus plus « thérapeutique ».

Les limites physiques, sensorielles et/ou cognitives, parfois psychiques, vont conduire les enfants, les adolescent.e.s, puis certains adultes en situation de handicap à manifester moins facilement, ou au contraire avec excès, leurs besoins affectifs et sexuels : ils/elles touchent les autres et se touchent directement pour découvrir, se montrent pour nous signifier qu’ils changent dans leur corps, provoquent pour interroger, utilisent certains termes à défaut de connaître ceux qui sont adéquats, abusent parfois pour crier leur solitude.

De surcroît, il s’avère que pour certains enfants ou jeunes avec une déficience cognitive, les informations en santé sexuelle apportées par les services cantonaux dans les classes intégrées de l’enseignement publique, ne sont pas comprises, ou insuffisantes. Ou inaccessibles par impossibilité de participer à la dynamique du groupe d’élèves. Ce public devrait avoir accès à des mesures spécifiques, sous forme de séances de suivis individuels. Il s’agit de les guider en vue de la socialisation de leur affectivité et leur sexualité.

Dans d’autres situations adultes (handicaps physiques, handicaps psychiques ou mentaux légers) le coaching pourra s’assimiler à de l’information élargie en santé sexuelle, du soutien de conseil conjugal, de l’aide en vue de la recherche d'un.e partenaire, d’orientation vers des services spécialisés, d’évaluation de demande en assistance sexuelle, etc.

Être un peu mieux équipé.e selon les phases de sa vie intime, conduit à moins de vulnérabilité et de marginalité, et par conséquent, augmente la confiance en soi et les possibilités d’acquérir un pouvoir personnel nouveau.

Par ailleurs et en rappel, déjà en 1992 la Résolution A3-231/92 avait stipulé dans la Déclaration du Parlement Européen que : « (…) dans le domaine des droits civils, il est demandé que l’éducation affective et sexuelle des personnes handicapées soit renforcée par une meilleure prise en compte de la particularité de leur situation ».
Les suivis individuels et/ou de couples collaborent de cette volonté.

Les demandes sont diverses, par exemple à la suite de :

  • comportements considérés comme inadéquats en société ou dans la structure d’accueil : comment aider la personne à mieux canaliser, adapter, mais aussi comprendre ses élans.
  • manquements ou d’incompréhensions en éducation, information ou accompagnement en santé sexuelle : masturbation occupationnelle, compulsive, contraception, relation amoureuse, relation sexuelle, solitude, identité de genre et orientation sexuelle, pornographie, réseaux sociaux, abus sexuels, etc.
  • questionnements auxquels les parents ou les professionnel.le.s ne souhaitent, ou ne peuvent, pas répondre.
  • perspectives de demande en assistance sexuelle, nécessitant un décryptage nuancé et l’éclaircissement de la motivation profonde, par exemple parce que la personne concernée doute de sa démarche.
  • désirs exprimés de faire la connaissance d’un.e ami.e, voire plus si entente : il faut créer la possibilité de rencontres privilégiées dans un contexte prévu à cet égard.

Les enfants, les jeunes et les adultes vivant avec un handicap ne sont pas dépourvus de curiosité sexuelle, mais soit ils ne peuvent rien nous en dire par manque de codes proches des nôtres, soit ils nous la traduisent sans pudeur, sans filtre et souvent sans émotion apparente.

Lorsque cette curiosité ne peut se parler, elle est parfois mise en scène : glisser sa main dans sa culotte, chercher à regarder ou au contraire détourner les yeux, poser toujours un doigt sur l’entre-jambe nu de la poupée, rire bruyamment à la vue d’images d’amoureux dans les magazines, etc.

Il y a donc un monde à raconter, à jouer et à imager et, si l’enfant, le jeune ou l’adulte peut entendre et parfois même apprendre le vocabulaire du schéma corporel, il n’y a pas de raison de lui épargner celui du corps intime.

Pourquoi quand je travaille le zizi est contre en bas et quand des fois je regarde la télé il est contre en haut ?

C’est sale les règles. Ça pue.

On m’a dit que je pourrais faire l’amour plus tard. C’est quand plus tard ?

Les bébés y sortent quand la maman fait caca !

On fait un trou dans le ventre de la femme pour mettre la graine ?

Quand t’as tes règles tu peux faire un bébé. Mais alors il est plein de sang ?

Mon papa m’a baisé pour me dire bonne nuit
.

Je n’ai plus la force de me masturber à cause de ma myopathie. Qui peut m’aider ?

Parce que je suis IMC, mes petites graines (dixit spermatozoïdes) elles sont aussi handicapées ?

Je peux aller voir les seins de Béatrice, parce que je suis grand.

Avec ma copine on est obligé de se toucher les langues quand on s’embrasse ? 

Parce que vous savez, moi ça me dégoûte quand c’est mouillé.

Mon amoureux me téléphone beaucoup trop souvent et il continue toujours, même quand je lui dis d’arrêter.

Ma chérie et moi, on aimerait bien fermer ma chambre à clé, mais les éducateurs ne sont pas d’accord !

J’ai 19 ans et j’aimerais avoir un tatouage un peu sexy sur mon ventre parce que je pourrais le voir lorsque je suis assise nue dans mon fauteuil roulant. Mais je n’ose pas en parler à mes parents.

Ma solitude affective est insupportable, mes tentatives de contact échouent. J’ai envie et j’ai peur à la fois. Qui pourrait m’aider ?

Questions fréquentes :

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